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Rez-de-chaussée

gelijkvloers

Étage


verdieping

Architecture

Le bâtiment du Casino dans son ancienne forme date de 1949 et résulte alors d’une transformation par les architectes De Smet et Rooms, après la destruction, au cours de la Seconde Guerre mondiale, des pavillons de tête - de forme ovale - du grand hall. Le Casino était utilisé pour des manifestations en tout genre et comprenait une cafétéria, un restaurant et quelques salles de fête et de bal. C’est un bâtiment symétrique de deux niveaux. Il y a un avant-corps prononcé avec des salles monumentales transversales flanquées de quelques espaces plus petits, et un arrière-corps avec une grande salle centrale à chaque étage et deux espaces latéraux. A l’arrière, le Casino est attenant à l'impressionnant hall des floralies.

Le nouveau bâtiment du musée est une critique implicite à l’égard de la nouvelle architecture en tout genre des musées de ces dernières années en Europe. Face à l’architecture de façade prestigieuse dans laquelle le bâtiment a lui-même été conçu en tant que performance architecturale, il a été décidé ici de faire une rénovation en profondeur d’un bâtiment très bien proportionné. Les espaces sont richement variés, tant en ce qui concerne les proportions qu’en ce qui concerne l’incidence de la lumière du jour. L’architecture est subordonnée à la présentation de l’art, sans vouloir porter atteinte à ce que l’architecture signifie pour une ville.

La transformation est un projet de l’architecte Koen Van Nieuwenhuyse. C’est un jeune architecte du Service Technique des Bâtiments de la Ville de Gand.
Le projet est le résultat d’un dialogue réel et permanent entre l’architecte, le conservateur et le personnel du musée (qui a eu son mot à dire). Le dialogue est resté en permanence ouvert et flexible. Cette flexibilité est telle qu’on peut encore apporter des modifications à un stade très avancé des travaux de transformation. Il est évident que nous avons été confrontés constamment à des limitations techniques et (surtout) financières, mais celles-ci ont souvent été considérées comme des défis pour trouver des solutions créatives.

Quels ont été les défis pour l’architecte?

La transformation d’un bâtiment existant a bien évidemment des limites. Dans le cas du Casino les problèmes suivants se sont posés: 1. l’action de la lumière - particulièrement la lumière du jour; 2. la relation entre le musée et les bâtiments environnants; 3. les espaces administratifs; l’aménagement intérieur: d’une part la présentation semi-permanente de la collection, d’autre part une distribution flexible pour les expositions qui se succèdent.

1. la lumière

Le problème de la lumière était assez vaste dans le cas du Casino. Le bâtiment était relativement clos avec des hauteurs libres de 4 à 5 mètres, dans certains espaces de 6 à 8 mètres.

La solution consistait à faire trois grandes parties dans le bâtiment : un espace d’entrée et 2 couloirs avec une hauteur d’environ 14 mètres, surplombés d’un toit de verre. Ainsi la lumière du zénith parvient au rez-de-chaussée, la distribution en trois nefs est accentuée et l’orientation du bâtiment est renforcée. La salle du milieu au rez-de-chaussée reste ouverte sur les côtés si bien qu’elle profite au maximum de la lumière du jour des « corridors ». Les salles latérales du rez-de-chaussée conservent leurs fenêtres. De cette manière, il y a un contact direct avec l’environnement du parc.

A l’étage, les fenêtres sont supprimées en faveur de grands murs ininterrompus. Les salles supérieures de l’arrière-corps bénéficient toutes de lumière du jour zénithale. La grande salle devant et les cabinets dans les ailes latérales ont de grandes fenêtres jusqu’au sol. Cela crée un contact visuel avec le voisin d’en face, le Musée des Beaux-Arts, et avec la place des musées, encore à aménager, qui reliera les deux musées.

2. la relation avec les bâtiments environnants

Un contact visuel maximal avec le hall des floralies est réalisé par la construction à l’arrière du bâtiment d’une extension en verre à deux niveaux. Ainsi ce hall monumental - du moins du point de vue visuel - fait partie intégrante du musée et plusieurs possibilités sont générées. Dans un « masterplan pour le parc de la Citadelle » qui a été approuvé récemment, il a été stipulé que le hall des floralies doit devenir un espace ouvert et flexible pour les bâtiments environnants avec leurs diverses fonctions. Ces bâtiments sont les suivants : le Centre des Congrès, la piste du vélodrome et le musée ; ou en d’autres termes : l’organisation sociale - la récréation - l’art. Le tout est situé dans la verdure du parc. On espère rouvrir à brève échéance une partie du hall des floralies en abattant le hall 6 afin de créer une promenade agréable entre la gare Saint-Pierre et le Mont Blandin (le site le plus important de l’université) traversant le hall de part en part, le long du musée.

Dans une première phase, une partie de ce hall sera utilisée pour installer la collection importante de Panamarenko avec le ‘Aeromodeller’ comme joyau.

3. le lieu de l’administration

La problématique de l’espace administratif a été solutionnée en ajoutant un niveau sur le toit du musée. Ainsi le bâtiment existant pouvait être utilisé au maximum comme espace d’exposition. La place sur le toit signifiait également que le staff et l’administration peuvent garder en permanence le contact avec les salles d’exposition. En outre il y a bien sûr le beau symbole du staff installé dans le cerveau du musée. Et puisqu’on y travaille souvent tard le soir, les bureaux auront une « fonction de phare » pour les promeneurs du soir.

Le S.M.A.K. deviendra surtout une maison, une maison de l’art et des artistes. Et cela aussi se reflète dans l’architecture ; pas seulement par l’intégration d’un appartement où les artistes peuvent loger et travailler, mais aussi par la mission qui a été confiée à trois artistes d’aménager des espaces spécifiques. Deux espaces du musée destinés au public, la cafétéria et la bibliothèque, se trouvent au rez-de-chaussée, attenants à l’entrée.

4. l’aménagement intérieur

Le musée sera aménagé de telle façon qu’une partie de la collection recevra une place semi-permanente au rez-de-chaussée, tandis que l’étage se prêtera mieux aux expositions temporaires en raison de son caractère plus ouvert. Les cabinets pourront servir pour de plus petites présentations de la collection graphique ou photographique. Mais le bâtiment dispose d’une flexibilité suffisamment grande pour inverser ces fonctions. Dans la conception il a été tenu compte au maximum de l’imprévisibilité et de l’irréductibilité de l’art contemporain.

Le nouveau Musée d’Art Contemporain de Gand ne sera pas un bâtiment d’une taille spectaculaire ou étonnant. Le musée est transformé à l’échelle de la ville et de l’environnement direct du parc et tient compte des possibilités et des ambitions.

C’est une construction à échelle humaine qui crée les modalités nécessaires pour héberger, comme il le faut, la collection qui s’agrandit en permanence. Le bâtiment doit souligner l’identité de l’œuvre d’art, réaliser un dialogue intuitif avec le spectateur et permettre un contact profond avec l’œuvre d’art. Une telle architecture doit plutôt être vue comme un « environnement » conçu de telle façon que les qualités authentiques de ce qui est artistique puissent se manifester de façon optimale et qu’elle en absorbe le climat spécifique afin de l’irradier à son tour.